Ecologie
Modifié le 03/11/2025
Tout savoir sur les carburants verts : définition, types et enjeux
Les carburants verts, également appelés biocarburants ou carburants renouvelables, sont des combustibles produits à partir de matières premières d'origine végétale, animale ou issues de déchets. Contrairement aux carburants fossiles extraits du pétrole, ils offrent une alternative plus respectueuse de l'environnement pour alimenter nos véhicules. En quoi sont-ils intéressants ?
Qu'est-ce qu'un carburant vert ?
Selon la définition du Ministère de la Transition écologique, « les biocarburants sont des carburants de substitution obtenus à partir de la biomasse (matière première d’origine végétale, animale ou issue de déchets). Ils sont généralement incorporés dans les carburants d’origine fossile. »1
En quoi diffèrent-ils donc des énergies fossiles ? La principale différence réside dans leur origine et leur impact environnemental. Alors que les carburants fossiles libèrent du carbone stocké depuis des millions d'années, les carburants verts participent à un cycle carbone plus court. Le CO2 émis lors de leur combustion est compensé par celui absorbé durant la croissance des végétaux utilisés pour leur production.
D’ailleurs chaque biocarburant doit démontrer qu'il émet au moins 50% moins de gaz à effet de serre qu'un carburant fossile classique (ce seuil monte à 60% pour les installations les plus récentes)2. Cette performance est mesurée en analysant tout le cycle de vie du carburant, depuis l'extraction des matières premières jusqu'à leur utilisation dans le moteur.
Quels sont les différents carburants verts ?
Il existe un grand nombre de carburants verts. Quels sont-ils ?
L'hydrogène vert
L'hydrogène fait partie des nouveaux carburants verts. Il constitue une alternative propre lorsque l’on le produit par électrolyse de l’eau, une technologie pour décomposer l'eau grâce à l'électricité issue de sources renouvelables.
Cette énergie présente un intérêt particulier pour alimenter les véhicules de transport lourd et potentiellement l'aviation commerciale.
Les carburants de synthèse
Ces combustibles artificiels reproduisent les propriétés des carburants traditionnels mais via un procédé entièrement différent. Ils combinent de l'hydrogène propre avec du carbone capté dans l'atmosphère ou d'autres composés. Leur fabrication demande des installations industrielles sophistiquées et représente un coût important.
Le gaz naturel renouvelable ou biogaz
Cette alternative gazeuse naît de la décomposition naturelle des matières organiques en l'absence d'oxygène. Le mélange obtenu, riche en méthane, peut alimenter des chaudières ou servir à la production d’électricité.
Les biocarburants
Les biocarburants constituent la catégorie principale des carburants verts et se divisent en plusieurs types selon leur origine et leur procédé de fabrication.
Les biocarburants de première génération
Cette génération, actuellement au stade industriel, comprend :
- Le bioéthanol : produit à partir de plantes riches en sucres (betterave, canne à sucre) ou en amidon (céréales comme le blé ou le maïs). En France, il est incorporé dans l'essence sous forme de SP95-E5 (5% d'éthanol) et SP95-E10 (10% d'éthanol).
- Le biodiesel comme le HVO (ou Huile Végétale Hydrotraitée) : fabriqué à partir d'huiles végétales (colza, tournesol) ou de graisses animales. Il représente 74% de la consommation des biocarburants en France. On le trouve en station-service sous les appellations B7 ou B10.3
- L'ETBE : produit à partir d'éthanol et d'isobutène, il peut être incorporé dans les essences jusqu'à 15% de manière banalisée.
Les biocarburants de deuxième génération
Cette nouvelle génération exploite les parties non comestibles des plantes : tiges, feuilles, écorces ou déchets de l'industrie agroalimentaire. L'objectif est double : éviter la compétition avec les cultures vivrières et valoriser des matières jusqu'alors inutilisées.
Les chercheurs développent notamment des techniques pour extraire les sucres contenus dans la cellulose du bois et de la paille, permettant ensuite de produire de l'éthanol. D'autres approches consistent à transformer ces matières végétales en gaz puis en carburant liquide.
Les biocarburants de troisième génération
À l'état de recherche, ces biocarburants n’ont pas encore vu le jour. Ils visent à produire des carburants à partir de micro-organismes comme les micro-algues ou les cyanobactéries par photosynthèse. Ils constituent l’avenir du secteur.
Quels sont les biocarburants disponibles en stations E.Leclerc ?
E.Leclerc s'engage activement dans la transition énergétique en proposant une gamme étendue de carburants verts dans son réseau de stations-services. Avec plus de 700 stations-services, l'enseigne se positionne comme un acteur majeur de la mobilité durable en France.
Voici les biocarburants proposés :
- SP95-E5 et SP98-E5 : Ces essences contiennent 5% de bioéthanol, produit à partir de plantes riches en sucres ou en amidon cultivées en France. Elles sont compatibles avec la quasi-totalité des véhicules essence du marché.
- SP95-E10 : Cette essence incorpore jusqu'à 10% de bioéthanol. Compatible avec la majorité des véhicules essence mis en circulation depuis 2000, elle permet une réduction plus significative des émissions de gaz à effet de serre tout en restant accessible au plus grand nombre.
- Superéthanol-E85 : Pionnier dans la distribution de ce carburant en France, E.Leclerc propose l'E85 qui contient entre 65% et 85% de bioéthanol selon les saisons. Ce carburant nécessite un véhicule compatible ou l'installation d'un boîtier homologué, mais offre un avantage économique important avec un prix à la pompe significativement inférieur aux essences traditionnelles.
- Gazole B7 (Diesel Premium et Gazole standard) : Le plus répandu dans les stations E.Leclerc, ce carburant contient 7% de biodiesel. Le Diesel Premium B7 bénéficie d'additifs améliorant les performances du moteur et son entretien.
- GNR B7 (Gazole Non Routier) : Destiné aux engins agricoles, de chantier et aux groupes électrogènes, ce carburant professionnel contient également 7% de biodiesel.
- GPLc (GPL carburant) : Ce carburant gazeux, mélange de butane et de propane, émet naturellement moins de polluants que les carburants traditionnels. E.Leclerc développe son réseau de stations équipées pour répondre aux besoins des véhicules GPL.
- HVO100 : L'huile végétale hydrotraitée (HVO) représente la nouvelle génération de biodiesel. Produite à partir d'huiles végétales et de résidus industriels recyclés, elle peut réduire jusqu'à 90% des émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie du carburant. Compatible avec la majorité des moteurs diesel modernes sans modification, le HVO100 est progressivement déployé dans les stations E.Leclerc. L'enseigne teste ce biocarburant avancé depuis septembre 2024 et l'intègre notamment dans sa propre flotte logistique en partenariat avec le finlandais Neste.
Quels sont avantages et inconvénients des carburants verts ?
Une réduction des émissions de CO2
Les biocarburants contribuent significativement à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Ils sont particulièrement intéressants dans une optique de transition énergétique.
Comme l’explique le Think Tank IFP Energies Nouvelles « les biocarburants de deuxième génération sont produits sans recourir à la part alimentaire des plantes, et affichent des bilans environnementaux avec des gains d’émissions de gaz à effet de serre autour de 80-90 % par rapport aux références fossiles ». 4
Réduction de la dépendance énergétique
La France importe 99% du pétrole qu'elle consomme.5 Développer des biocarburants produits localement à partir de ressources nationales (cultures agricoles, déchets organiques) permet de diminuer progressivement cette dépendance extérieure. Chaque litre de biocarburant consommé représente ainsi un litre de pétrole importé en moins, renforçant l'autonomie énergétique du pays.
Valorisation des déchets
Au lieu de brûler ou d'enfouir les résidus de récoltes comme la paille, les copeaux de bois ou les déchets alimentaires, les nouvelles technologies permettent de les transformer en carburant. Cette approche présente un double avantage :
- elle réduit les volumes de déchets à traiter
- elle crée une source d'énergie supplémentaire.
Les coproduits issus de la fabrication des biocarburants trouvent également des débouchés utiles, comme les tourteaux de colza destinés à l'alimentation animale ou la glycérine utilisée en cosmétique.
Compatibilité avec le parc des véhicules
L'un des atouts majeurs des biocarburants réside dans leur facilité d'adoption. Mélangés aux carburants conventionnels dans des proportions adaptées, ils fonctionnent dans les moteurs actuels sans nécessiter de modifications techniques coûteuses. Cette compatibilité permet une transition progressive vers des carburants plus verts, en utilisant les réseaux de distribution et les véhicules déjà en circulation.
Concurrence avec l'alimentation
Utiliser des céréales et des plantes sucrières pour produire du carburant peut entrer en compétition directe avec leur usage alimentaire. Quand les surfaces agricoles servent à produire du bioéthanol plutôt que de la nourriture, cela peut influencer les prix des denrées et soulever des questions éthiques. Cette problématique explique pourquoi les recherches se concentrent désormais sur les biocarburants de nouvelle génération, qui exploitent des déchets et des résidus plutôt que des cultures vivrières.
Performance énergétique
Les biocarburants fournissent légèrement moins d'énergie que les carburants conventionnels pour un même volume. Concrètement, l'EMHV (biodiesel) délivre 0,92% d'énergie en moins que le gazole, tandis que l'ETBE offre 0,83% de moins que l'essence.6 Cette différence, bien que faible, implique une consommation théoriquement plus élevée pour parcourir la même distance.
Quel avenir pour les carburants verts ?
Dans le contexte de l'objectif de neutralité carbone en 2050, les carburants verts jouent un rôle prépondérant. La loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 fixe des objectifs ambitieux visant à réduire la consommation d'énergies fossiles.
Décarboner le secteur du transport
Le transport est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre (GES) en France. Il représente 31 % des émissions nationales.7 Le recours aux biocarburants permet donc à l’Hexagone de limiter son empreinte carbone.
Au niveau de l’Union européenne, leur développement est plébiscité. La révision de la Directive Énergies Renouvelables, connue sous le nom de RED III, vise à accélérer la décarbonation du secteur des transports, l’un des principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre en Europe. Pour y parvenir, elle fixe un cadre commun tout en laissant une certaine flexibilité aux États membres dans la manière d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.
Concrètement, deux voies sont proposées :
- La première consiste à diminuer de 14,5 % l’intensité carbone de l’énergie consommée dans les transports, c’est-à -dire à réduire les émissions générées par chaque unité d’énergie utilisée.
- La seconde option repose sur l’augmentation de la part d’énergies renouvelables dans le secteur, qui devra atteindre au moins 29 % de la consommation finale d’ici 2030.
Par ailleurs, la directive impose un seuil minimal de 5,5 % pour l’intégration de carburants alternatifs, tels que les biocarburants avancés ou les carburants renouvelables d’origine non biologique, parmi lesquels figurent l’hydrogène vert et les e-fuels.8
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Quelles perspectives de marché ?
Avec plus de 2 millions de tonnes de biocarburants produits chaque année, la France se classe au quatrième rang mondial, derrière les États-Unis, le Brésil et l’Allemagne. Elle représente ainsi environ 5 % de la production mondiale.
Et cette production devrait croître. La taxe incitative relative à l'incorporation de biocarburants (TIRIB) encourage les producteurs à augmenter la part des carburants durables. Mise en place en janvier 2022, chaque hectolitre de carburant qui n’atteint pas 1% d'incorporation minimum est sanctionné de 125€.
1 https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/biocarburants
2 https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/biocarburants
5https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/prix-produits-petroliers
6https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/biocarburants