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Publié le 02/09/2020

Biocarburant, agrocarburant, biodiesel, bioéthanol, quels avantages ?

Rouler plus propre, tous les professionnels le souhaitent dans la mesure où cela ne représente pas un surcoût pour l’entreprise. Alors se pose la question des biocarburants, carburants alternatifs à l’essence ou au diesel et qui représentent 7,7 % de la consommation en France. Pour vous apporter une vision claire sur le sujet des biocarburants, nous avons interrogé nos experts.

1. Qu’est-ce qu’un biocarburant ?

L’essence et le diesel que vous trouvez en station-service sont historiquement fabriqués à partir de pétrole c’est-à-dire d’énergies fossiles. Les biocarburants sont des carburants de substitution, issus de la recherche et obtenus à partir de matières premières d’origines végétales, animales ou issues de déchets.

En règle générale :

  • Le biodiesel : fabriqué à partir d’huile comme le colza ou le tournesol.
  • Le bioéthanol : issus de l’alcool des plantes contenant du sucre ou de l’amidon.

En d’autres termes, nous sommes aujourd’hui capables de produire des carburants à partir d’huile de colza par exemple, ou encore de sucre de canne, voire d’algue. Les avancées scientifiques ont permis d’obtenir différents types et différentes générations de biocarburants. (voir encadré ci-contre). Dans la plupart des cas, le biocarburant est mélangé à un carburant traditionnel et c’est ce mélange que vous retrouvez dans vos stations-services. Par exemples le SP95-E10 contient au moins 90 % d’essence sans plomb classique et jusqu’à 10 % d’éthanol qui est un biocarburant. Le Superéthanol E85 contient jusqu’à 85 % en volume d’éthanol. Ces types de carburants présentent, entre autres, l’avantage de favoriser l’indépendance énergétique de la France puisque nous sommes capables de les produire sur notre territoire. C’est un débouché possible pour l’agriculture et les activités agro-industrielles. Une piste à explorer en cette période de crise.

3 types de biocarburants

  • Première génération : Ce sont des biocarburants issus exclusivement des cultures alimentaires. Le biodiesel est produit à partir d’huiles végétales, principalement de colza, de tournesol, de soja et de palme, plus rarement de graisses animales, ou d’huiles usagées. Le bioéthanol est, quant à lui, issu de la fermentation de produits agricoles alimentaires comme la betterave, le blé, la canne à sucre ou le maïs.
  • Deuxième génération : Des biocarburants encore à l’étude dans les laboratoires industriels et conçus à partir de lignocellulose contenus dans le bois (résidus forestiers), dans la paille (résidus agricoles) par exemple. Ils sont assez controversés car ils peuvent entraîner des déforestation et l’érosion des sols. Ils sont donc relativement énergivores
  • Troisième génération : Il s’agit de carburants issus des algues, appelés « algocarburants ». Ils sont moins onéreux et promettent d’être peu polluants. L’avenir nous le dira.

 

2. Est-ce qu’un biocarburant peut vraiment remplacer l’essence ou le diesel ? 

Techniquement, nous pourrions remplacer 100 % de l’essence et du diesel disponibles dans nos stations-services par des biocarburants. L'Union européenne a fixé un objectif plus modeste de 10 % d'énergies renouvelables en 2020. La France n’est pas loin de cet objectif et fait partie des bons élèves de l’union européenne : 8,2 % pour l’essence et 8 % côté diesel. 

Depuis 2017, le carburant SP95-E10 est devenu le premier carburant consommé par les Français dans les véhicules essence. Il représente la moitié du marché.

Quant au Superéthanol E85 (essence contenant jusqu’à 85 % en volume d’éthanol), il a connu un taux de croissance record de + 55 % entre 2017 et 2018.  Il représente moins de 5 % des essences consommées mais bénéficie d’un prix attractif.

Les qualités de nos biocarburants sont comparables à celles des carburants issus de l’industrie pétrole. Ils sont compatibles avec la plupart des moteurs à pétrole grâce à des transformations chimiques très bien maîtrisées par nos industries.

Ainsi, le Superéthanol E85 a reçu l’homologation de sept modèles de boîtiers permettant son utilisation dans une très large gamme de véhicules essence classiques.

 

3. Est-ce une énergie vraiment propre ?

Après avoir été perçus comme des alternatives salvatrices face au pétrole, les biocarburants ont fait l’objet d’études plus précises révélant des effets pervers : le coût carbone de la fabrication d’un biocarburant prête à polémique. Il faut une grande quantité de matière première pour fabriquer les biocarburants. Donc beaucoup d’eau, et même du carburant pour les machines qui cultivent les champs. Ensuite, les industries font fermenter ces matériaux pour générer des alcools. Cette transformation a de nouveau un coût pour la planète. Enfin, ces carburants polluent autant que les autres lors de leur utilisation. Si l’on met bout à bout toutes ses pollutions, le litre de biodiesel issu du colza représente 1,2 fois plus d’émissions que le litre de diesel ; le soja, deux fois plus ; et l’huile de palme, trois fois plus. Or ces trois cultures représentent, selon l’étude de la commission européenne, deux tiers des biocarburants en UE en 2020. En outre, l’affectation de terres agricoles pour la fabrication de carburant peut entrainer des effets pervers : déforestation, disparition de cultures vivrières, augmentation des prix des denrées alimentaires…

 

Conclusion

Nous sommes en droit de nous poser la question de l’intérêt des biocarburants. Gageons que les progrès scientifiques nous permettront bientôt de produire des biocarburants plus propres et pérennes économiquement. En attendant, pour soutenir la recherche nous continuons d’y croire et de vous proposer des biocarburants dans nos stations-services E.Leclerc.

Ou pouvez-vous trouver du biocarburant chez E.Leclerc ?

  • Dans 100 % de nos stations-services en magasin ou sur autoroute, vous trouverez du SP95-E10.
  • Dans 177 de nos stations-services en magasin ou sur autoroute, vous trouverez du Superéthanol E85.
Encore une question ?